C’est avec Maurice Delmotte (1885 - 1961) succédant à son père Théophile en 1909 que la célèbre maison tournaisienne connaîtra son plein essor. A partir les systèmes mécanique et pneumatique, il aborde le système électro-pneumatique qui deviendra vite incontournable à cette l’époque. Il construit peu d’instruments dits « à compression », leur préférant le système pneumatique à dépression caractérisé par une inertie quasi nulle et donc possédant un temps de réponse pratiquement immédiat. Le sommier est équipé de soufflets à un trou pour la note ou à deux trous pour la note et le jeu. Totalement pneumatique pour les instruments du début (Jumet-Gohissart), la commande du relais de notes deviendra ensuite électrique (Charleroi Saint Christophe et Ville Basse…). De plus, les systèmes pneumatique et puis électrique ont permis d’enrichir la palette sonore des jeux de l’orgue...
En réponse à la demande de virtuosité des compositeurs de l'époque, le toucher des claviers en a été rendu plus fluide. L'interprète à également pu bénéficier de manipulations plus faciles en ce qui concerne la traction des registres et accouplements, les combinaisons préparées de jeux, les Tutti et Crescendo…L’orgue de Châtelet est un exemple «vivant» des prouesses technologiques de l’époque.
Des petits frères de cet instrument prestigieux peuplent de nombreuses églises (Auvelais, Maredsous…) L’électricité a également permis
de construire des orgues en système "Unit" qui se caractérise par un dédoublement des jeux… La registration peut être ainsi étendue
d’une ou deux octaves vers le grave ainsi que vers l’aigu (Bois du Luc).